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"Les caisses de pension mangeront 3/4 de l'or de la BNS"

Philippe de Preux, PRD, vice-président de la commission des finances.

Finances publiques: quand il fait beau, attendons la pluie...

Les finances cantonales vont bien, très bien même. Et les impôts sont modérés. N'empêche. Certains annoncent la pluie. La FMEF, elle, aimerait bien profiter du beau temps.

"Sans paix sociale, il n'y a pas de finances équilibrées"

 Jean-René Fournier, Conseiller d'Etat, chef du Département des finances.

Les chiffres sont là. Si les budgets 2005 et 2006 sont respectés, les comptes cantonaux auront vécu cinq ans de suite dans les chiffres noirs. Mieux: de 2002 à 2004, le Valais occupe la seconde place nationale au classement de la santé financière. Encore plus appréciable, l'or de la BNS devrait permettre de diminuer la dette brute de 200 à 250 millions de francs par année pendant cinq ans. Or, cette dette n'a rien de préoccupant à l'heure actuelle déjà. Avec 9'800 francs par habitant, le Valais se situe dans la moyenne suisse. Que vouloir de mieux pour un canton périphérique, éloigné des richesses, pénalisé par une géographie tourmentée et un bilinguisme coûteux? En Suisse romande, seul Fribourg fait mieux.

L'alarme quand tout va bien

Pourtant, les débats sur le budget 2006 l'ont montré, certains ne goûtent guère au soleil. Ils annoncent déjà le mauvais temps. La manne dorée de la BNS? Elle servira pour une grande part à renflouer les caisses de pension publiques, disent-ils. Et le canton traînera à nouveau le boulet d'une dette proche de 2.5 milliards. De plus, il faudra se méfier comme de la peste du transfert de charge de la Confédération vers les cantons. 

Pour la droite libérale, deux mots gouvernent: rigueur et économies. C'est ainsi qu'on pourra alléger les charges des entreprises dans un canton qui, prétendent-ils, taxe lourdement ses contribuables. La réalité ne leur donne pas tout à fait raison. Par rapport à l'Europe, la Suisse est très peu gourmande en impôts (sur la charge fiscale, elle est dernière du peloton juste après l'Irlande). Et par rapport à la Suisse romande, le fisc valaisan se révèle lui aussi des plus modérés. Bons comptes obligent, le canton vient d'ailleurs d'offrir un cadeau fiscal à la classe moyenne et aux PME, qui privera les collectivités publiques valaisannes de 80 millions de francs de recettes en 2006.

La part du gâteau

Il en est une qui aimerait bien goûter à sa part de gâteau, d'autant qu'elle a été privée de dessert pendant longtemps: la fonction publique. Inflation non accordée, octroi du treizième salaire repoussé, paliers d'attente, suppression d'indemnités diverses, diminution des effectifs...

 

 

Vrai ou faux?

 

● Les Suisses paient beaucoup d'impôts...

Faux. La charge fiscale est très faible en Suisse en comparaison internationale.

Voir le graphique

 

● Les Valaisans paient beaucoup d'impôts...

Faux. Le canton est le paradis fiscal de Suisse romande pour les PME. Son impôt sur le bénéfice net sera dès 2006 un des moins lourds de tout le pays. Pour les particu-liers, seuls deux cantons romands sont fiscalement plus avantageux.
Voir le graphique

● La fonction publique coûte cher..

Faux. La fonction publique valaisanne est presque la moins chère de Suisse. 
Voir le tableau comparatif.
 

● Le Valais a une très bonne situation finan-cière...

Vrai. En moyenne des années 2002, 2003 et 2004, il affiche la seconde place nationale.
Voir le tableau comparatif.

 

En quinze ans, la FMEF estime que la fonction publique a sacrifié 600 millions de francs sur l'autel des économies. "Aujourd'hui que tous les indicateurs sont au vert, nous aimerions qu'on nous renvoie l'ascenseur", résume le secrétaire général Michel Perruchoud. Pour le moins qu'on arrête de vouloir toujours économiser sur le dos des fonctionnaires et des enseignants. 

Où est le loup?

La droite économique, au nom quasi sacralisé du  "moins d'Etat", ne veut rien entendre. Le personnel public reste une de ses cibles favorites. La FMEF encaisse mal cette attitude. Pour elle, la droite crie "au loup" alors qu'il n'y en a pas, au profit de ses seuls intérêts économiques. Et de rappeler que, selon le modèle actuel, le renflouement des caisses de pension publiques devrait s'étaler sur quarante ans. Pour les contribuables valaisans, la charge avoisinerait les vingt millions par an. Absolument pas de quoi mettre les caisses publiques en péril.

Au milieu de tous ces intérêts divergents, le Conseiller d'Etat Jean-René Fournier exécute un slalom de plus en plus délicat. Rappelle d'un côté les nécessités de prudence budgétaire, et calme les alarmistes. Ménage de l'autre ses employés, comme tout bon patron, en reconnaissant les efforts financiers qu'ils ont consentis ces dernières années. Enfin,il rassure tout le monde en rappelant que le Canton ne peut pas chanter comme la cigale de la fable. Le double frein aux dépenses et à l'endettement, entré en vigueur au premier janvier 2005, est un des plus sévères garde-fou financiers de tout le pays.


 

 

 

 


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